Depuis quelques mois je lis ses romans d’espionnage historique. Avec beaucoup de plaisir. La collection de la bibliothèque de Gatineau y a passé. Ils parlent de la deuxième guerre mondiale et nous permettent de la vivre. L’action se déroule en Europe. Pas question de l’Asie, de la bataille du Pacifique dans ceux que j’ai lus. La guerre civile d’Espagne, le rôle des superpuissances de l’époque, la montée du fascisme en Italie, du Nazisme en Allemagne, la consolidation du Stalinisme, le Front Populaire en France, la collaboration. Et chaque roman reprend tout à partir de la perspective nationale des protagonistes. Les enjeux géopolitiques sont illustrés mais pas du tout de façon didactique.
Petit point faible: la perspective américaine est très subtilement favorisée. Par exemple, les espions des alliés en Tchétchénie écoutent la BBC, mais ce qu’il aiment le plus, ce ne sont pas les nouvelles de la guerre et les messages codés. Non Madame. Il préfèrent de loin le jazz des Big Bands américains. Le chef d’une mission clandestine met la vie de ses collaborateurs avant le succès de sa mission. L’espion soviétique se sent enfin libre une fois débarqué à New York et accueilli par l’américaine, membre des brigades internationales, rencontrée à Barcelone durant la guerre d’Espagne. Mais des personnages fascinants: un capitaine de la marine marchande hollandaise, un journaliste italien, un aristocrate hongrois, un jeune paysan bulgare qui devient espion soviétique pour survivre à la pauvreté, au fascistes.
Ils nous font faire le tour de l’Europe et nous conduisent même dans des coins rarement explorés dans ce genre. On circule beaucoup en Europe de l’Est, en Scandinavie. Et la cerise sur le gant de velours: Paris étant au coeur de tous les réseaux, on y passe « beaucoup, beaucoup, beaucoup » de temps, comme dirait Christiane Charette.
C’est d’autant plus fascinant d’entendre parler de ces différents points de vue sur cette guerre que tous ces pays vont occuper à leur tour l’avant-scène de l’actualité future que nous, lecteurs du vingt et unième siècle, connaissons déjà. J’ai trouvé particulièrement intéressant de voir comment les Kosovars et les peuples des Balkans vivaient ces atrocités à la lumière de toutes celles qu’ils vont vivre / ont vécues par la suite, avec l’effondrement du Bloc Soviétique, l’éclatement de la Yougoslavie et de la Tchéckoslovaquie, l’intervention de l’OTAN.
Et merveille des merveilles, une carte au début de chaque roman: tous les lieux visités clairement identifiés. Alors là les lézards passionnés de voyages et de cartes disent merci Alan. Ça nous donne envie de faire une petite virée à Paris, Barcelone, Vienne juste pour voir de plus près tous ces lieux. Pis du suspens à tous les chapitres agrémenté de quelques scènes de baise juste assez stimulantes pour ne pas être porno.
Le lézard était content. Le militant itou y ayant puisé quelques informations pour nourrir ces analyses de la conjoncture internationale.
Voir mes notes sur Librarything pour les titres. Ils sont en Anglais (les titres, pas les notes), mais je crois qu’ils doivent être traduits en Français. Si cela n’est pas déjà fait téléphonez à JCL pour mettre un peu de pression.
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